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Appel à communications

16es Rencontres Muséfrem
Arras, 22 octobre 2026

Avec le concours du :
– Centre de musique baroque de Versailles,
– Centre d’histoire “Espaces et cultures”, Université Clermont-Auvergne
– Centre de recherche et d’études Histoire et Sociétés, Universités d’Artois

 
 

Apprendre (par) le chant : les enfants de chœur en France au XVIIIe siècle

Depuis les origines de l’Église en Occident, des pueri chori ont chanté pour embellir le culte de leurs voix. En contrepartie, ils recevaient, au sein d’une maîtrise ou psallette, une éducation à la fois musicale et intellectuelle qui leur ouvrait les portes d’une carrière ecclésiastique. Progressivement, les débouchés se sont élargis aux professions intellectuelles et musicales, y compris dans le monde profane.

À l’époque moderne, malgré le développement des petites écoles et des collèges qui élargissent l’accès à l’écriture, à la lecture et au latin, les maîtrises demeurent les seules structures d’enseignement du chant et de la musique (outre les maîtres particuliers). Tous les compositeurs ou presque ont été enfants de chœur et ont reçu dans ce contexte favorable plus que les rudiments de la pratique et de la théorie musicales. Dans les maîtrises, on enseigne en effet le chant, la pratique d’un instrument (à clavier, à corde ou à vent) et même la composition, pour les garçons les plus prometteurs. Les maîtrises sont donc les creusets de tout un patrimoine musical en partie conservé et qui est progressivement remis en lumière.

Les enfants de chœur ont certes déjà donné lieu à nombre d’études, depuis le colloque du Puy-en-Velay (25-27 octobre 2001), à l’origine de la base Muséfrem1. Les enfants de chœur y étaient abordés, à travers des études de cas (Clermont, Cambrai ou Paris), parfois au sein d’approches plus globales des corps de musique. La thèse de Bastien Mailhot2 a marqué un jalon important dans la connaissance de ces musiciens en herbe.

L’avancée de la base Muséfrem (dont la partie publique présente déjà près de 10 000 biographies de musiciens) permet désormais de mener des études plus vastes, qui prennent en compte tout un ensemble de maîtrises, à l’échelle régionale, voire nationale. On peut dresser un tableau de la place des enfants de chœur dans la France du siècle des Lumières.

Plusieurs approches sont envisagées :

  • Les psallettes constituent, sous l’Ancien Régime, le principal lieu de formation musicale, du moins pour les garçons. Elles permettent à des jeunes garçons issus de milieux très divers de quitter (à un âge parfois très précoce) l’univers familial pour accéder à d’autres mondes : campagnards devenant citadins, fils d’artisans devenant musiciens, ecclésiastiques ou employés d’administration. Quelles sont les origines sociales des enfants de chœur ? Combien sont enfants de musiciens ? Dans quelle proportion les enfants de chœur continuent-ils à leur sortie de la maîtrise à exercer une profession musicale ? Combien se tournent vers la musique profane ? Cette formation permet-elle à certains de connaître une ascension sociale, hors du monde de la musique ? La question du mode de recrutement se pose également : par concours (et dans ce cas, selon quelles modalités), sur proposition du maître ou avec la protection d’une personnalité extérieure au chapitre. À l’autre extrémité du temps de présence à la psallette, les renvois questionnent : nombre de garçons sont en effet congédiés avant le terme normal, est-ce par manque de voix ou de capacité musicale, pour des raisons de comportement ou de santé ? Quelle que soit la raison, l’enfant « sortant des aubes » part généralement lesté d’un pécule, dont on peut étudier l’importance.
  • Les enfants de chœur sont le plus souvent logés en communauté à la maîtrise (dans quelles conditions matérielles, avec quel encadrement : certains règlements interdisent l’entrée de la maison de la maîtrise aux femmes, y compris une servante), mais certains demeurent chez leurs parents ? Le choix de l’une ou l’autre solution pèse assurément sur le recrutement, l’externat entraînant nécessairement de se limiter à la ville qui accueille l’église. Quelle est l’aire de recrutement d’une psallette ? S’agissant de jeunes enfants, un recrutement local paraît logique. On rencontre toutefois quelques enfants qui ont couvert des distances respectables, parfois très inattendues, comme ce petit Pierre Marie Huet, fils d’un musicien du roi, pourtant reçu à six ans dans la maîtrise de Nantes. Enfin, des règlements régissent le quotidien des maîtrises, qu’il faudrait compiler et comparer. Le comportement des enfants de chœur n’est en effet pas toujours irréprochable : rébellions, chahuts, fugues… ces questions de discipline permettent d’ouvrir sur le rôle des maîtres des enfants de chœur (et les relations, parfois empreintes de violence, entre maître et maîtrisiens), voire du « grand enfant de chœur ». Elles incitent également à étudier la participation licite ou illicite des enfants de chœur à des activités musicales en dehors de leur église : festivités particulières, concerts publics ou privés. Si les interdictions semblent dominer, du fait d’exemples connus (André Campra), l’étude des académies de concert menée par le projet AcadéC a mis au jour des pratiques de participation régulière et encadrée du personnel des maîtrises capitulaires (dont les enfants) à ces concerts.
  • Dans certaines églises, les enfants de chœur doivent aussi participer au service de l’autel. La répartition des tâches n’est pas toujours claire : tandis qu’en certains lieux, deux groupes de garçons semblent intervenir (ceux qui chantent et ceux qui servent l’autel), ailleurs un seul groupe se charge de ces deux fonctions (par roulement, selon l’âge des enfants, selon leurs capacités vocales ?) et, dans quelques églises, on se demande s’ils ne se cantonnent pas à servir la messe. Cela amène une autre question : il existe certainement des églises sans enfants de chœur (du moins pour lesquelles cette catégorie n’apparaît-elle pas) ou, au contraire, des églises où les enfants constituent l’unique groupe choral, sans d’autres adultes que les chanoines. Cette situation peut s’expliquer par l’existence d’interventions chantées à des moments particuliers de l’année liturgique ou de l’office, réservées aux enfants de chœur. Cette pratique est-elle encore vivace ? Surtout, reste-t-il des témoignages de ces pratiques musicales particulières (sources musicales, évocations dans des règlements, des cérémoniaux ou des mémoires) ?
  • Enfin, les activités de formation méritent une étude approfondie : apprentissage du chant en premier lieu, mais aussi d’un instrument (lequel ?), copie de musique (à Carpentras des signatures d’enfants émaillent les parties qu’ils ont recopiées ou chantées, de même que, à la BnF, les parties séparées des motets composés par Giroust pour la Chapelle du roi), apprentissage de la composition. Les mentions des registres de délibérations capitulaires et de la presse permettent de repérer les compositions d’enfants de chœur qui sont jouées dans les églises françaises : quel genre de pièce ? à quelle occasion ? Y a-t-il des tensions autour de cette pratique (des chanoines mécontents que le maître n’ait pas composé lui-même, par exemple) ? Reste-t-il des exemples de ces compositions précoces ? On peut y ajouter des éléments sur la formation générale des enfants de choeur, puisqu’un bon nombre d’entre eux ne deviennent pas musiciens professionnels, mais continuent parfois leurs études (certains chapitres réservent des bourses universitaires à leurs enfants les plus méritants) pour faire une carrière ecclésiastique ou en tant que commis dans telle ou telle administration.

Il est certain que toutes ces pistes ne pourront être explorées, mais il s’agit d’une étape importante, susceptible de donner lieu à des développements ultérieurs, s’ouvrant également à des mises en perspectives internationales.


Youri Carbonnier, Julien Charbey, Achille Davy-Rigaux, Bernard Dompnier, Stéphane Gomis


Les propositions de communication (titre et court résumé) doivent être adressées avant le 30 juin 2026 à Youri Carbonnier (youri.carbonnier@univ-artois.fr)

 

  1. Bernard Dompnier (dir.), Maîtrises et chapelles aux XVIIe et XVIIIsiècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2003. []
  2. Les enfants de choeur des églises du centre de la France. Les institutions capitulaires d’éducation et leurs élèves aux XVIIe et XVIIIe siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2018. []

15es Rencontres du réseau Muséfrem

Les corps de musique des collégiales françaises à la fin de l’Ancien Régime

Jeudi 23 et vendredi 24 octobre 2025 à Moulins
Maison diocésaine, 20 rue Colombeau

Journée organisée par Youri Carbonnier (Université d’Artois – CREHS),
Bernard Dompnier et Stéphane Gomis (Université de Clermont- Auvergne – CHEC)
avec le soutien du Centre de musique baroque de Versailles

Argumentaire

Après avoir consacré les Rencontres de l’automne 2020 aux corps de musique des cathédrales, on se propose de changer de focale en appliquant une approche similaire aux collégiales. La publication récente de la synthèse consacrée aux collégiales parisiennes vient opportunément enrichir notre patrimoine commun.
Le thème proposé fait directement écho à un constat que suggère la lecture des différentes synthèses départementales : dans les églises qui rehaussent la solennité de leurs messes et de leurs offices par l’exécution de pièces en musique (donc avec polyphonie et, le plus souvent, accompagnement d’instruments) et qui disposent chacune à cet effet d’un « corps de musique », celui-ci présente toujours tant de traits qui le singularisent qu’on est tenté de penser qu’il n’en existe aucun autre parfaitement identique. Cette hétérogénéité s’explique évidemment par de multiples facteurs : prestige de l’église, place accordée à la musique par rapport au plain-chant, ressources dédiées à cette activité, traditions locales, compétences musicales des clercs composant le bas chœur, etc., tous éléments qui sont pris en compte dans la rédaction des synthèses départementales.
Mais, au-delà de la description des réalités locales et sans méconnaître tous les facteurs conjoncturels qui donnent à chaque corps de musique sa physionomie propre, l’historien et le musicologue ne peuvent se résoudre à se contenter de les inventorier ; ils cherchent à retrouver les dénominateurs communs qui permettent de construire des familles à partir des unités singulières, à déceler les régularités ou, en d’autres termes, à établir des typologies aptes à rendre raison du désordre apparent. Pour cette tâche complexe, qui vise à organiser les corps de musique en ensembles cohérents, à définir les finalités cultuelles spécifiques de chacun d’eux ou encore à esquisser des variantes régionales, la Journée d’étude d’octobre ne suffira évidemment pas. Mais elle devrait permettre de jeter les bases d’une réflexion sur le sujet et d’en esquisser la méthodologie. Cette dimension exploratoire, naguère appliquée aux seules cathédrales, sera ici appliquée à un groupe numériquement plus important de lieux de musique (plus de 500 collégiales en France, dont 327 sont déjà intégrées dans la base), qui partagent des traits institutionnels communs tout en offrant de forts contrastes sous l’angle des potentialités musicales.
Il est souhaité que, dans une perspective comparative, les propositions de communications s’attachent à deux collégiales au moins, voire à l’ensemble des collégiales d’un même département ou d’un même diocèse. Une fois cette condition remplie, et le nombre de cas retenus pouvant évidemment être supérieur, les objets étudiés peuvent évidemment être d’une grande variété : comparaison globale des effectifs de musiciens ou/et des enfants de chœur, structure du corps de musique (nombre et caractérisation des chanteurs, présence d’instrumentistes permanents/ « extraordinaires », participation des clercs du bas chœur à la musique, niveaux de rémunération des musiciens…). Chacun peut faire une proposition relative à un territoire qui lui est familier (et par exemple s’attacher à l’évolution des corps de musique des collégiales sur une période longue) ou partir des données déjà mises en ligne pour traiter un thème particulier. Il serait par exemple intéressant d’avoir des études sur le rapport entre la taille du corps de musique de la collégiale et le type de ville où celle-ci est implantée (population, fonctions administratives, « équipement » culturel…), ou d’étudier les spécificités des petites collégiales rurales.

Programme

Jeudi 23 octobre 2025

Matin

9h15 : Stéphane GOMIS, Introduction

9h30-10h : Jean-François HEINTZEN, Entre église et concert, la pluri-activité des musiciens moulinois au XVIIIe siècle

10h-10h30 : Pierre MESPLÉ, Déclin ou transformation ? Les corps de musique des collégiales entre Rouen et Blois au XVIIIe siècle

10h30 : Discussion / Pause

11h-11h30 : Bastien MAILHOT, Les corps de musique des collégiales du diocèse de Clermont, essai de typologie à partir d’un territoire restreint

11h30-12h : François CAILLOU, Ȇtre chantre dans une collégiale de Picardie en 1790

12h : Discussion / Déjeuner

Après-midi

14h-14h30 : Thomas D’HOUR, Solennité du culte et musique dans les collégiales françaises à la veille de la Révolution, l’apport de la base Muséfrem

14h30-15h : Bernard DOMPNIER, Les fêtes propres des collégiales. Mémoire et promotion des saints locaux

15h-15h30 : Gaëtan NAULLEAU, Quantifier les pratiques musicales : enseignements et angles morts des archives de la collégiale parisienne Saint-Germain-l’Auxerrois

15h30 : Discussion / Pause

16h : Youri CARBONNIER, Conclusions

21h : Église priorale de Souvigny
Jean-Luc PERROT
Présentation de l’orgue avec audition

Vendredi 24 octobre 2025
Séminaire des contributeurs à la base de données
sur inscription : youri.carbonnier@wanadoo.fr

13es Rencontres du réseau Muséfrem

Jeudi 26 et vendredi 27 octobre 2023 à Clermont-Ferrand
Maison des Sciences de l’Homme, 4 rue Ledru

Avec le concours du Centre de musique baroque de Versailles, du Centre d’histoire “Espaces et cultures”, Université Clermont-Auvergne et du Centre de recherche et d’études Histoire et Sociétés, Universités d’Artois.
Informations : Stéphane Gomis (stephane.gomis@uca.fr)
L’accès à ces deux journées sera possible en visioconférence : inscription préalable auprès de Stéphane Gomis (stephane.gomis@uca.fr)

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Jeudi 26 octobre 2023
Journée d’étude « Recrutement et réseaux des musiciens d’église »
Amphithéâtre 125 (1er étage) – entrée libre

9h30 Stéphane GOMIS, « Introduction »

10h00 Pierre MESPLÉ, « Recruter et se faire recruter : stratégies d’embauche des musiciens d’église dans le quart nord-ouest de la France »

10h45 Pause

11h00 Youri CARBONNIER, « Recommandations professionnelles et familiales de musiciens : un recrutement sous influence ? »

11h45 Bastien MAILHOT, « Le rôle des parrainages supérieurs ou prestigieux dans le recrutement des enfants de chœur »

12h30 Pause

14h00 Bénédicte HERTZ, « Le recrutement des musiciens d’église à travers les Affiches, annonces et avis divers de province »

14h45 Clément STAGNOL, « Une compétence échevinale. Le recrutement des organistes à la collégiale de Villefranche-sur-Saône (XVIIe-XVIIIe siècles) »

15h30 Pause

16h00 Georges ESCOFFIER, « Le talent et la rente : un conflit de classe dans les chœurs d’église au XVIIIe siècle ? »

16h45 Youri CARBONNIER, « Conclusions »

Vendredi 27 octobre 2023
Séminaire des contributeurs à la base de données
sur inscription : youri.carbonnier@wanadoo.fr

Salle 28 (RDC)
9h-12h00 Bilan et perspectives de la base de données (Y. Carbonnier), rappels
méthodologiques (Y. Carbonnier et C. Toublanc) et discussion générale.

12h Pause

Salle 26 (RDC)
13h30-15h00 Formation à l’outil d’interrogation de la base, avec exercices (L. Guillo).
Depuis 2022 un outil spécifique, accessible aux contributeurs de la base de données
Muséfrem permet d’exploiter pleinement la richesse des informations collectées.
Cette formation s’adresse à tous les contributeurs et partenaires.

Télécharger le programme

Appel à communications

13es Rencontres Muséfrem
Clermont-Ferrand, 26 octobre 2023

Avec le concours du :
– Centre de musique baroque de Versailles,
– Centre d’histoire “Espaces et cultures”, Université Clermont-Auvergne
– Centre de recherche et d’études Histoire et Sociétés, Universités d’Artois

Recrutement et réseaux des musiciens d’Église

Trouver de bons musiciens d’église n’est pas toujours chose facile. En novembre 1774, les Affiches d’Angers encouragent « ceux qui ont des enfants de sept ans ou environ, dont la voix et les dispositions peuvent convenir » à présenter leur fils à la psallette de la cathédrale qui prendra pour enfant de choeur « celui dont la voix sera jugée la plus propre pour la musique » [1]. Ce type d’annonce, qui n’insiste pas toujours sur la qualité vocale, semble courant à la fin de l’Ancien Régime. On l’utilise aussi pour trouver un organiste ou un maître de musique, voire un chantre, jusque dans des paroisses modestes. La presse n’est pas le seul moyen de recruter des musiciens, mais elle présente l’avantage d’une diffusion étendue. Ainsi, la recherche d’un maître de musique pour la cathédrale d’Orléans et d’un organiste pour celle de Toulouse est publiée jusque dans les Affiches de Reims [2].

Le recours aux conseils de sommités du monde musical constitue une autre solution, aboutissant à la recommandation d’un jeune musicien prometteur, apte à remplir le poste de maître de musique, comme à la cathédrale de Senlis, en 1784, dont le chapitre s’adresse à deux maîtres parisiens en vue, Dugué et Doriot. Un mécanisme similaire précède le déplacement de musiciens du rang, en certaines occasions, trop rarement conservées par les archives capitulaires. Ces pratiques témoignent de l’existence de réseaux de musiciens d’église, dont le rôle est encore nébuleux.

On peut supposer que certains musiciens qui se présentent spontanément à une place vacante ont été informés par quelque connaissance en poste dans l’église convoitée. Les regroupements de fratries peuvent répondre au même mécanisme : l’embauche d’un bon musicien prélude alors à celle de son frère cadet, voire de deux frères. Les Bêche ou les Bazire, tous hautes-contre, se regroupent ainsi à la Chapelle du roi. À défaut de liens du sang, une alliance matrimoniale peut renforcer les connexions entre deux familles de musiciens. Les amitiés ou les relations conservées entre anciens collègues, sans doute entretenues par des correspondances qui nous échappent, sous-tendent vraisemblablement des circulations de musiciens d’église, sans qu’il soit le plus souvent possible d’en avoir la certitude.

L’objectif de cette journée sera donc de tenter un tour d’horizon des modes de recrutement des églises, en particulier dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, période de prédilection de la base Muséfrem qui renferme des données qui attendent d’être synthétisées. L’étude des réseaux et des circulations qui en découlent sera également envisagée.

On pourra ainsi proposer un panorama à l’échelle du royaume de France, une étude régionale ou locale, s’attacher au réseau d’un musicien en lien avec ses déplacements et affectations successives, mais aussi aborder la question à travers un type de medium : presse et affiches, correspondance, recommandations, chacun pouvant donner lieu à une approche diachronique.
On s’attachera également aux connexions avec les lieux de musique profanes (concerts, théâtres) qui apparaissent parfois comme des viviers de recrutement des grandes églises.

Les propositions portant sur d’autres zones géographiques – dont, du reste, proviennent plusieurs musiciens actifs en France avant 1790 – seront accueillies favorablement. On espère ainsi pouvoir établir des comparaisons internationales sur les pratiques de recrutement, sur l’architecture des réseaux musiciens et sur leur constitution, voire faire émerger l’existence de réseaux transfrontaliers.

Comptant sur votre concours pour une rencontre que l’on espère aussi riche que les précédentes,

[1] Les Affiches d’Angers, vendredi 11 novembre 1774 (document découvert par Sylvie Granger en avril 2009).
[2] Affiches, Annonces & Avis divers de Reims et généralité de Champagne, n°11, lundi 11 mars 1776, p. 48, et n°39, lundi 11 décembre 1775, p. 154 (Ch. Maillard, avril 2022).

Youri Carbonnier, Bernard Dompnier, Stéphane Gomis

Les propositions (titre et court résumé) sont à envoyer avant le 15 juillet 2023 conjointement aux trois responsables scientifiques de la journée d’étude :
Youri Carbonnier (youri.carbonnier@univ-artois.fr)
Bernard Dompnier (bernard.dompnier@orange.fr)
Stéphane Gomis (stephane.gomis@uca.fr).

12es rencontres du Réseau Muséfrem

Renouveler le répertoire des musiques capitulaires au XVIIIe siècle
Circulations des œuvres et constitution des collections

Jeudi 27 et vendredi 28 octobre 2022
Maison de la recherche – université d’Artois

Lieu : Université d’Artois, Maison de la Recherche, 9, rue du temple 62000 Arras. (accès possible rue Raoul François, proche du parking visiteurs)
Renseignements et Inscriptions : Nathalie Cabiran – Tél : 03 21 60 38 21
e-mail : nathalie.cabiran@univ-artois.fr
http://crehs.univ-artois.fr/

Journée organisée par Youri Carbonnier (Université d’Artois – CREHS), Achille Davy-Rigaux (IReMus) et Stéphane Gomis (Université de ClermontAuvergne – CHEC) avec le soutien du Centre de musique baroque de Versaille.

Partenariat : Centre de recherche et d’études Histoire et sociétés (Université d’Artois), Centre d’Histoire “Espaces et Cultures” (Université de Clermont-Auvergne), Centre de musique baroque de Versailles, Institut de recherche en musicologie (CNRS), Institut d’étude des faits religieux, Réseau Muséfre.

Présentation

En 1771-1772, Henri Hardouin, maître de musique de la cathédrale de Reims, contacte plusieurs chapitres pour leur proposer l’achat de ses six messes. Sa démarche échoue à la cathédrale d’Autun, mais elle est couronnée de succès à Metz qui semble avoir l’habitude d’acquérir des compositions étrangères. En 1786, Guignet, maître de musique de la cathédrale de Meaux, réussit à faire acheter six messes en musique par le chapitre de Besançon, tandis que la plus modeste collégiale d’Aire-sur-la-Lys renforce son répertoire par l’achat d’une quinzaine d’œuvres. Les achats de musiques, le plus souvent imprimées, se retrouvent dans nombre d’églises. Les chapitres constituent ainsi des collections musicales, qu’ils complètent par des copies ou par l’acceptation de dons de la part de maîtres locaux (c’est le cas de Pollio à Soignies ou de Cappa-Lescot à Nantes) ou de musiciens extérieurs. Par ailleurs, les contrats d’engagement des maîtres de musique stipulent presque immanquablement l’obligation de composer, voire de « renouveler la composition des messes, pseaulmes de vespres, hymnes, magnificat et motets de la feste Dieu »*. Ces collections, qui semblent parfois importantes, restent mal connues et échappent souvent aux investigations, car elles demeurent rarement conservées de nos jours – elles ont parfois évolué, comme celle qui a été retrouvée à la cathédrale du Puy-en-Velay. Cette journée d’étude souhaite offrir une meilleure connaissance des répertoires des musiques capitulaires et de leur évolution, à partir de sources diverses : registres capitulaires et partitions conservées, en premier lieu, mais aussi correspondances, catalogues, inventaires, mémoires, annonces ou relations des gazettes. L’approche se veut donc au croisement de la musicologie et de l’histoire.

* Autun, Société Éduenne, registres capitulaires de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, 1771-1778, p. 15-17, contrat d’engagement d’Augustin Guignet à la cathédrale d’Autun, 1er février 1771.

Programme de la journée d’étude

Jeudi 27 octobre 2022 – Matin

9h30
Introduction Achille DAVY-RIGAUX, Youri CARBONNIER, Stéphane GOMIS

Renouveler le répertoire : études de cas en parcourant Muséfrem

9h45-10h15
Christophe MAILLARD et Gaëtan NAULLEAU, Henri Hardouin et la diffusion de sa musique

10h15-10h45 François CAILLOU, La constitution du répertoire des cathédrales d’Amiens, Beauvais, Laon, Senlis et Noyon dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

10h45-11h pause

11h-11h30 Pierre MESPLÉ, Ambiguïtés du renouvellement du répertoire des cathédrales des marges ouest du Bassin parisien (Rouen-Chartres-Blois principalement)

11h30-12h Youri CARBONNIER, La constitution du répertoire en Bourgogne-Franche-Comté. Hommage à Sylvie Granger

Jeudi 27 octobre 2022 – Après-midi

Approches musicologiques

14h-14h30 Jean DURON, Brossard et l’Europe : collecte de l’œuvre d’autrui, dispersion de ses propres œuvres

14h30-15h30 François TURELLIER, Musiques offertes à (ou acquises par) la cathédrale d’Orléans et deux communautés religieuses de la ville

15h30-15h45 pause

15h45-16h15 Georges ESCOFFIER, La circulation des partitions liturgiques au XVIIIe siècle à travers l’exemple du Puy : une question de valeur de la musique liturgique ?

16h15-16h45 Table ronde : Les collections capitulaires et religieuses aujourd’hui avec Nathalie BERTON-BLIVET, Achille DAVY-RIGAUX, Céline DRÈZE et Fabien GUILLOUX

16h45-17h pause

17h00 Bernard DOMPNIER, Conclusions


Vendredi 28 octobre 2022

9h Séminaire technique des contributeurs de la base Muséfrem (sur inscription auprès de youri.carbonnier@univ-artois.fr)