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15es Rencontres du réseau Muséfrem

Les corps de musique des collégiales françaises à la fin de l’Ancien Régime

Jeudi 23 et vendredi 24 octobre 2025 à Moulins
Maison diocésaine, 20 rue Colombeau

Journée organisée par Youri Carbonnier (Université d’Artois – CREHS),
Bernard Dompnier et Stéphane Gomis (Université de Clermont- Auvergne – CHEC)
avec le soutien du Centre de musique baroque de Versailles

Argumentaire

Après avoir consacré les Rencontres de l’automne 2020 aux corps de musique des cathédrales, on se propose de changer de focale en appliquant une approche similaire aux collégiales. La publication récente de la synthèse consacrée aux collégiales parisiennes vient opportunément enrichir notre patrimoine commun.
Le thème proposé fait directement écho à un constat que suggère la lecture des différentes synthèses départementales : dans les églises qui rehaussent la solennité de leurs messes et de leurs offices par l’exécution de pièces en musique (donc avec polyphonie et, le plus souvent, accompagnement d’instruments) et qui disposent chacune à cet effet d’un « corps de musique », celui-ci présente toujours tant de traits qui le singularisent qu’on est tenté de penser qu’il n’en existe aucun autre parfaitement identique. Cette hétérogénéité s’explique évidemment par de multiples facteurs : prestige de l’église, place accordée à la musique par rapport au plain-chant, ressources dédiées à cette activité, traditions locales, compétences musicales des clercs composant le bas chœur, etc., tous éléments qui sont pris en compte dans la rédaction des synthèses départementales.
Mais, au-delà de la description des réalités locales et sans méconnaître tous les facteurs conjoncturels qui donnent à chaque corps de musique sa physionomie propre, l’historien et le musicologue ne peuvent se résoudre à se contenter de les inventorier ; ils cherchent à retrouver les dénominateurs communs qui permettent de construire des familles à partir des unités singulières, à déceler les régularités ou, en d’autres termes, à établir des typologies aptes à rendre raison du désordre apparent. Pour cette tâche complexe, qui vise à organiser les corps de musique en ensembles cohérents, à définir les finalités cultuelles spécifiques de chacun d’eux ou encore à esquisser des variantes régionales, la Journée d’étude d’octobre ne suffira évidemment pas. Mais elle devrait permettre de jeter les bases d’une réflexion sur le sujet et d’en esquisser la méthodologie. Cette dimension exploratoire, naguère appliquée aux seules cathédrales, sera ici appliquée à un groupe numériquement plus important de lieux de musique (plus de 500 collégiales en France, dont 327 sont déjà intégrées dans la base), qui partagent des traits institutionnels communs tout en offrant de forts contrastes sous l’angle des potentialités musicales.
Il est souhaité que, dans une perspective comparative, les propositions de communications s’attachent à deux collégiales au moins, voire à l’ensemble des collégiales d’un même département ou d’un même diocèse. Une fois cette condition remplie, et le nombre de cas retenus pouvant évidemment être supérieur, les objets étudiés peuvent évidemment être d’une grande variété : comparaison globale des effectifs de musiciens ou/et des enfants de chœur, structure du corps de musique (nombre et caractérisation des chanteurs, présence d’instrumentistes permanents/ « extraordinaires », participation des clercs du bas chœur à la musique, niveaux de rémunération des musiciens…). Chacun peut faire une proposition relative à un territoire qui lui est familier (et par exemple s’attacher à l’évolution des corps de musique des collégiales sur une période longue) ou partir des données déjà mises en ligne pour traiter un thème particulier. Il serait par exemple intéressant d’avoir des études sur le rapport entre la taille du corps de musique de la collégiale et le type de ville où celle-ci est implantée (population, fonctions administratives, « équipement » culturel…), ou d’étudier les spécificités des petites collégiales rurales.

Programme

Jeudi 23 octobre 2025

Matin

9h15 : Stéphane GOMIS, Introduction

9h30-10h : Jean-François HEINTZEN, Entre église et concert, la pluri-activité des musiciens moulinois au XVIIIe siècle

10h-10h30 : Pierre MESPLÉ, Déclin ou transformation ? Les corps de musique des collégiales entre Rouen et Blois au XVIIIe siècle

10h30 : Discussion / Pause

11h-11h30 : Bastien MAILHOT, Les corps de musique des collégiales du diocèse de Clermont, essai de typologie à partir d’un territoire restreint

11h30-12h : François CAILLOU, Ȇtre chantre dans une collégiale de Picardie en 1790

12h : Discussion / Déjeuner

Après-midi

14h-14h30 : Thomas D’HOUR, Solennité du culte et musique dans les collégiales françaises à la veille de la Révolution, l’apport de la base Muséfrem

14h30-15h : Bernard DOMPNIER, Les fêtes propres des collégiales. Mémoire et promotion des saints locaux

15h-15h30 : Gaëtan NAULLEAU, Quantifier les pratiques musicales : enseignements et angles morts des archives de la collégiale parisienne Saint-Germain-l’Auxerrois

15h30 : Discussion / Pause

16h : Youri CARBONNIER, Conclusions

21h : Église priorale de Souvigny
Jean-Luc PERROT
Présentation de l’orgue avec audition

Vendredi 24 octobre 2025
Séminaire des contributeurs à la base de données
sur inscription : youri.carbonnier@wanadoo.fr

L’orgue de Saint-Géraud d’Aurillac (Cantal)

Nicolas GUEUDRY (Rouen, 1725-Aurillac, 1794) a occupé pendant 27 ans le poste d’organiste de la collégiale Saint-Géraud d’Aurillac. C’est lui qui exerce de 1763 jusqu’en 1790, lorsque les chapitres sont supprimés.
En 1777, il quitte momentanément la ville pour se rendre à Moulins, le temps de la construction d’un nouvel orgue.
En janvier 1780, il est de retour pour la réception de l’instrument et le mariage de sa fille Hélène, en présence du facteur d’orgue Joseph RABINY, paroisse Saint-Géraud.

F-Ad15/ 2 E 14 / 18,1, Signatures de l’acte de mariage de Joseph Crémont et Hélène Gueudry à Aurillac, le 18 janvier 1780.

18 janvier 1780 [mariage] entre Sieur Joseph CREMONT musicien fils majeur et légitime de Jean Cremont et de Leonarde Brousse originaire de la ville de tulle et habitans de cette ville d’une part et demlle jeanne helene gueudry fille mineure et legitime du Sr nicola jean GUEUDRY organiste et de dame honoré claude dubuisson habitants de droit et de fait de cette ville d’autre part […] en présence de des Sieurs nicolas jean GUEUDRY père de l’épouse, de sieur Antoine CREMONT frère de l’époux, d’antoine Guitard procureur fondé des père et mere de l’époux et du Sieur gereau capelle [?]fficiés au garnizon d’auvergne habitant d’Aurillac.[signatures]
Gueudry dite Bellemarre / Cremont / Cremont cadet [Antoine] / Gueudry / Guillard / Capelle / Rabiny / Boysson

L’orgue touché par N. Gueudry a été préservé. L’association Agora 15 et François Blanc oeuvrent pour son entretien, sa sauvegarde et sa restauration.

La Montagne, 10 novembre 2018