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Appel à communications

16es Rencontres Muséfrem
Arras, 22 octobre 2026

Avec le concours du :
– Centre de musique baroque de Versailles,
– Centre d’histoire “Espaces et cultures”, Université Clermont-Auvergne
– Centre de recherche et d’études Histoire et Sociétés, Universités d’Artois

 
 

Apprendre (par) le chant : les enfants de chœur en France au XVIIIe siècle

Depuis les origines de l’Église en Occident, des pueri chori ont chanté pour embellir le culte de leurs voix. En contrepartie, ils recevaient, au sein d’une maîtrise ou psallette, une éducation à la fois musicale et intellectuelle qui leur ouvrait les portes d’une carrière ecclésiastique. Progressivement, les débouchés se sont élargis aux professions intellectuelles et musicales, y compris dans le monde profane.

À l’époque moderne, malgré le développement des petites écoles et des collèges qui élargissent l’accès à l’écriture, à la lecture et au latin, les maîtrises demeurent les seules structures d’enseignement du chant et de la musique (outre les maîtres particuliers). Tous les compositeurs ou presque ont été enfants de chœur et ont reçu dans ce contexte favorable plus que les rudiments de la pratique et de la théorie musicales. Dans les maîtrises, on enseigne en effet le chant, la pratique d’un instrument (à clavier, à corde ou à vent) et même la composition, pour les garçons les plus prometteurs. Les maîtrises sont donc les creusets de tout un patrimoine musical en partie conservé et qui est progressivement remis en lumière.

Les enfants de chœur ont certes déjà donné lieu à nombre d’études, depuis le colloque du Puy-en-Velay (25-27 octobre 2001), à l’origine de la base Muséfrem1. Les enfants de chœur y étaient abordés, à travers des études de cas (Clermont, Cambrai ou Paris), parfois au sein d’approches plus globales des corps de musique. La thèse de Bastien Mailhot2 a marqué un jalon important dans la connaissance de ces musiciens en herbe.

L’avancée de la base Muséfrem (dont la partie publique présente déjà près de 10 000 biographies de musiciens) permet désormais de mener des études plus vastes, qui prennent en compte tout un ensemble de maîtrises, à l’échelle régionale, voire nationale. On peut dresser un tableau de la place des enfants de chœur dans la France du siècle des Lumières.

Plusieurs approches sont envisagées :

  • Les psallettes constituent, sous l’Ancien Régime, le principal lieu de formation musicale, du moins pour les garçons. Elles permettent à des jeunes garçons issus de milieux très divers de quitter (à un âge parfois très précoce) l’univers familial pour accéder à d’autres mondes : campagnards devenant citadins, fils d’artisans devenant musiciens, ecclésiastiques ou employés d’administration. Quelles sont les origines sociales des enfants de chœur ? Combien sont enfants de musiciens ? Dans quelle proportion les enfants de chœur continuent-ils à leur sortie de la maîtrise à exercer une profession musicale ? Combien se tournent vers la musique profane ? Cette formation permet-elle à certains de connaître une ascension sociale, hors du monde de la musique ? La question du mode de recrutement se pose également : par concours (et dans ce cas, selon quelles modalités), sur proposition du maître ou avec la protection d’une personnalité extérieure au chapitre. À l’autre extrémité du temps de présence à la psallette, les renvois questionnent : nombre de garçons sont en effet congédiés avant le terme normal, est-ce par manque de voix ou de capacité musicale, pour des raisons de comportement ou de santé ? Quelle que soit la raison, l’enfant « sortant des aubes » part généralement lesté d’un pécule, dont on peut étudier l’importance.
  • Les enfants de chœur sont le plus souvent logés en communauté à la maîtrise (dans quelles conditions matérielles, avec quel encadrement : certains règlements interdisent l’entrée de la maison de la maîtrise aux femmes, y compris une servante), mais certains demeurent chez leurs parents ? Le choix de l’une ou l’autre solution pèse assurément sur le recrutement, l’externat entraînant nécessairement de se limiter à la ville qui accueille l’église. Quelle est l’aire de recrutement d’une psallette ? S’agissant de jeunes enfants, un recrutement local paraît logique. On rencontre toutefois quelques enfants qui ont couvert des distances respectables, parfois très inattendues, comme ce petit Pierre Marie Huet, fils d’un musicien du roi, pourtant reçu à six ans dans la maîtrise de Nantes. Enfin, des règlements régissent le quotidien des maîtrises, qu’il faudrait compiler et comparer. Le comportement des enfants de chœur n’est en effet pas toujours irréprochable : rébellions, chahuts, fugues… ces questions de discipline permettent d’ouvrir sur le rôle des maîtres des enfants de chœur (et les relations, parfois empreintes de violence, entre maître et maîtrisiens), voire du « grand enfant de chœur ». Elles incitent également à étudier la participation licite ou illicite des enfants de chœur à des activités musicales en dehors de leur église : festivités particulières, concerts publics ou privés. Si les interdictions semblent dominer, du fait d’exemples connus (André Campra), l’étude des académies de concert menée par le projet AcadéC a mis au jour des pratiques de participation régulière et encadrée du personnel des maîtrises capitulaires (dont les enfants) à ces concerts.
  • Dans certaines églises, les enfants de chœur doivent aussi participer au service de l’autel. La répartition des tâches n’est pas toujours claire : tandis qu’en certains lieux, deux groupes de garçons semblent intervenir (ceux qui chantent et ceux qui servent l’autel), ailleurs un seul groupe se charge de ces deux fonctions (par roulement, selon l’âge des enfants, selon leurs capacités vocales ?) et, dans quelques églises, on se demande s’ils ne se cantonnent pas à servir la messe. Cela amène une autre question : il existe certainement des églises sans enfants de chœur (du moins pour lesquelles cette catégorie n’apparaît-elle pas) ou, au contraire, des églises où les enfants constituent l’unique groupe choral, sans d’autres adultes que les chanoines. Cette situation peut s’expliquer par l’existence d’interventions chantées à des moments particuliers de l’année liturgique ou de l’office, réservées aux enfants de chœur. Cette pratique est-elle encore vivace ? Surtout, reste-t-il des témoignages de ces pratiques musicales particulières (sources musicales, évocations dans des règlements, des cérémoniaux ou des mémoires) ?
  • Enfin, les activités de formation méritent une étude approfondie : apprentissage du chant en premier lieu, mais aussi d’un instrument (lequel ?), copie de musique (à Carpentras des signatures d’enfants émaillent les parties qu’ils ont recopiées ou chantées, de même que, à la BnF, les parties séparées des motets composés par Giroust pour la Chapelle du roi), apprentissage de la composition. Les mentions des registres de délibérations capitulaires et de la presse permettent de repérer les compositions d’enfants de chœur qui sont jouées dans les églises françaises : quel genre de pièce ? à quelle occasion ? Y a-t-il des tensions autour de cette pratique (des chanoines mécontents que le maître n’ait pas composé lui-même, par exemple) ? Reste-t-il des exemples de ces compositions précoces ? On peut y ajouter des éléments sur la formation générale des enfants de choeur, puisqu’un bon nombre d’entre eux ne deviennent pas musiciens professionnels, mais continuent parfois leurs études (certains chapitres réservent des bourses universitaires à leurs enfants les plus méritants) pour faire une carrière ecclésiastique ou en tant que commis dans telle ou telle administration.

Il est certain que toutes ces pistes ne pourront être explorées, mais il s’agit d’une étape importante, susceptible de donner lieu à des développements ultérieurs, s’ouvrant également à des mises en perspectives internationales.


Youri Carbonnier, Julien Charbey, Achille Davy-Rigaux, Bernard Dompnier, Stéphane Gomis


Les propositions de communication (titre et court résumé) doivent être adressées avant le 30 juin 2026 à Youri Carbonnier (youri.carbonnier@univ-artois.fr)

 

  1. Bernard Dompnier (dir.), Maîtrises et chapelles aux XVIIe et XVIIIsiècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2003. []
  2. Les enfants de choeur des églises du centre de la France. Les institutions capitulaires d’éducation et leurs élèves aux XVIIe et XVIIIe siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2018. []

12es rencontres du Réseau Muséfrem

Renouveler le répertoire des musiques capitulaires au XVIIIe siècle
Circulations des œuvres et constitution des collections

Jeudi 27 et vendredi 28 octobre 2022
Maison de la recherche – université d’Artois

Lieu : Université d’Artois, Maison de la Recherche, 9, rue du temple 62000 Arras. (accès possible rue Raoul François, proche du parking visiteurs)
Renseignements et Inscriptions : Nathalie Cabiran – Tél : 03 21 60 38 21
e-mail : nathalie.cabiran@univ-artois.fr
http://crehs.univ-artois.fr/

Journée organisée par Youri Carbonnier (Université d’Artois – CREHS), Achille Davy-Rigaux (IReMus) et Stéphane Gomis (Université de ClermontAuvergne – CHEC) avec le soutien du Centre de musique baroque de Versaille.

Partenariat : Centre de recherche et d’études Histoire et sociétés (Université d’Artois), Centre d’Histoire “Espaces et Cultures” (Université de Clermont-Auvergne), Centre de musique baroque de Versailles, Institut de recherche en musicologie (CNRS), Institut d’étude des faits religieux, Réseau Muséfre.

Présentation

En 1771-1772, Henri Hardouin, maître de musique de la cathédrale de Reims, contacte plusieurs chapitres pour leur proposer l’achat de ses six messes. Sa démarche échoue à la cathédrale d’Autun, mais elle est couronnée de succès à Metz qui semble avoir l’habitude d’acquérir des compositions étrangères. En 1786, Guignet, maître de musique de la cathédrale de Meaux, réussit à faire acheter six messes en musique par le chapitre de Besançon, tandis que la plus modeste collégiale d’Aire-sur-la-Lys renforce son répertoire par l’achat d’une quinzaine d’œuvres. Les achats de musiques, le plus souvent imprimées, se retrouvent dans nombre d’églises. Les chapitres constituent ainsi des collections musicales, qu’ils complètent par des copies ou par l’acceptation de dons de la part de maîtres locaux (c’est le cas de Pollio à Soignies ou de Cappa-Lescot à Nantes) ou de musiciens extérieurs. Par ailleurs, les contrats d’engagement des maîtres de musique stipulent presque immanquablement l’obligation de composer, voire de « renouveler la composition des messes, pseaulmes de vespres, hymnes, magnificat et motets de la feste Dieu »*. Ces collections, qui semblent parfois importantes, restent mal connues et échappent souvent aux investigations, car elles demeurent rarement conservées de nos jours – elles ont parfois évolué, comme celle qui a été retrouvée à la cathédrale du Puy-en-Velay. Cette journée d’étude souhaite offrir une meilleure connaissance des répertoires des musiques capitulaires et de leur évolution, à partir de sources diverses : registres capitulaires et partitions conservées, en premier lieu, mais aussi correspondances, catalogues, inventaires, mémoires, annonces ou relations des gazettes. L’approche se veut donc au croisement de la musicologie et de l’histoire.

* Autun, Société Éduenne, registres capitulaires de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, 1771-1778, p. 15-17, contrat d’engagement d’Augustin Guignet à la cathédrale d’Autun, 1er février 1771.

Programme de la journée d’étude

Jeudi 27 octobre 2022 – Matin

9h30
Introduction Achille DAVY-RIGAUX, Youri CARBONNIER, Stéphane GOMIS

Renouveler le répertoire : études de cas en parcourant Muséfrem

9h45-10h15
Christophe MAILLARD et Gaëtan NAULLEAU, Henri Hardouin et la diffusion de sa musique

10h15-10h45 François CAILLOU, La constitution du répertoire des cathédrales d’Amiens, Beauvais, Laon, Senlis et Noyon dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

10h45-11h pause

11h-11h30 Pierre MESPLÉ, Ambiguïtés du renouvellement du répertoire des cathédrales des marges ouest du Bassin parisien (Rouen-Chartres-Blois principalement)

11h30-12h Youri CARBONNIER, La constitution du répertoire en Bourgogne-Franche-Comté. Hommage à Sylvie Granger

Jeudi 27 octobre 2022 – Après-midi

Approches musicologiques

14h-14h30 Jean DURON, Brossard et l’Europe : collecte de l’œuvre d’autrui, dispersion de ses propres œuvres

14h30-15h30 François TURELLIER, Musiques offertes à (ou acquises par) la cathédrale d’Orléans et deux communautés religieuses de la ville

15h30-15h45 pause

15h45-16h15 Georges ESCOFFIER, La circulation des partitions liturgiques au XVIIIe siècle à travers l’exemple du Puy : une question de valeur de la musique liturgique ?

16h15-16h45 Table ronde : Les collections capitulaires et religieuses aujourd’hui avec Nathalie BERTON-BLIVET, Achille DAVY-RIGAUX, Céline DRÈZE et Fabien GUILLOUX

16h45-17h pause

17h00 Bernard DOMPNIER, Conclusions


Vendredi 28 octobre 2022

9h Séminaire technique des contributeurs de la base Muséfrem (sur inscription auprès de youri.carbonnier@univ-artois.fr)

12es Rencontres du Réseau Muséfrem

Arras – Maison de la recherche – université d’Artois
Journée organisée par Youri Carbonnier (Université d’Artois – CREHS), Achille Davy-Rigaux (IReMus) et Stéphane Gomis (Université de Clermont-Auvergne – CHEC) avec le soutien du Centre de musique baroque de Versailles.
Illustration : Te Deum ad usum insignis Ecclesiae cathedralis attrebatensis 1750 (BM Arras, ms 925-1), cliché Youri Carbonnier.

Télécharger le programme.

Jeudi 27 octobre 2022

Renouveler le répertoire des musiques capitulaires au XVIIIe siècle
Circulations des œuvres et constitution des collections

En 1771-1772, Henri Hardouin, maître de musique de la cathédrale de Reims, contacte plusieurs chapitres pour leur proposer l’achat de ses six messes. Sa démarche échoue à la cathédrale d’Autun, mais elle est couronnée de succès à Metz qui semble avoir l’habitude d’acquérir des compositions étrangères. En 1786, Guignet, maître de musique de la cathédrale de Meaux, réussit à faire acheter six messes en musique par le chapitre de Besançon, tandis que la plus modeste collégiale d’Aire-sur-la-Lys renforce son répertoire par l’achat d’une quinzaine d’œuvres.
Les achats de musiques, le plus souvent imprimées, se retrouvent dans nombre d’églises. Les chapitres constituent ainsi des collections musicales, qu’ils complètent par des copies ou par l’acceptation de dons de la part de maîtres locaux (c’est le cas de Pollio à Soignies ou de Cappa-Lescot à Nantes) ou de musiciens extérieurs. Par ailleurs, les contrats d’engagement des maîtres de musique stipulent presque immanquablement l’obligation de composer, voire de « renouveler la composition des messes, pseaulmes de vespres, hymnes, magnificat et motets de la feste Dieu »*.
Ces collections, qui semblent parfois importantes, restent mal connues et échappent souvent aux investigations, car elles demeurent rarement conservées de nos jours – elles ont parfois évolué, comme celle qui a été retrouvée à la cathédrale du Puy-en-Velay.
Cette journée d’étude souhaite offrir une meilleure connaissance des répertoires des musiques capitulaires et de leur évolution, à partir de sources diverses : registres capitulaires et partitions conservées, en premier lieu, mais aussi correspondances, catalogues, inventaires, mémoires, annonces ou relations des gazettes. L’approche se veut donc au croisement de la musicologie et de l’histoire.

Programme

9h30 Introduction Achille DAVY-RIGAUX, Youri CARBONNIER, Stéphane GOMIS

Renouveler le répertoire : études de cas en parcourant Muséfrem

9h45-10h15 Christophe MAILLARD, Henri Hardouin et la diffusion de sa musique

10h15-10h45 François CAILLOU, La constitution du répertoire des cathédrales d’Amiens,
Beauvais et Laon dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

10h45-11h pause

11h-11h30 Pierre MESPLÉ, Ambiguïtés du renouvellement du répertoire des cathédrales des marges ouest du Bassin parisien (Rouen-Chartres-Blois principalement)

11h30-12h Youri CARBONNIER, La constitution du répertoire en Bourgogne-Franche-Comté, hommage à Sylvie Granger

Approches musicologiques

14h-14h30 Jean DURON, Brossard et l’Europe : collecte de l’oeuvre d’autrui, dispersion de ses propres œuvres

14h30-15h30 François TURELLIER, Musiques offertes à (ou acquises par) la cathédrale
d’Orléans et deux communautés religieuses de la ville

15h30-15h45 pause

15h45-16h15 Georges ESCOFFIER, La circulation des partitions liturgiques au XVIIIe siècle à travers l’exemple du Puy : une question de valeur de la musique liturgique

16h15-16h45 Table ronde : Les collections capitulaires et religieuses aujourd’hui avec Nathalie BERTON-BLIVET, Céline DRÈZE et Fabien GUILLOUX

16h45-17h pause

17h00 Bernard DOMPNIER, Conclusions

Vendredi 28 octobre 2022

9h00 Séminaire technique des contributeurs de la base Muséfrem
(sur inscription auprès de youri.carbonnier@univ-artois.fr)

Partenariat : Centre de recherche et d’études Histoire et sociétés (Université d’Artois),
Centre d’Histoire Espaces et Cultures (Université de Clermont-Auvergne), Centre de musique baroque de Versailles, Institut de recherche en musicologie (CNRS), Institut d’étude des faits religieux, Réseau Muséfrem.